Black Movie : Paint in Black

On 15/01/2015 by Nicolas Gilson

Une fois contaminé par le virus Black Movie, on se rend compte que l’année ne démarre vraiment qu’à la mi-janvier lorsque Genève vous appelle telle une séduisante sirène. L’année durant on rêve de redevenir enfant – ou même d’en avoir – et de voguer jusqu’au Théâtre Grütli pour savourer avec délice le programme animé du Petit Black Movie tandis qu’on observe, au loin, les yeux humides – ou un peu de bave au coin des lèvres – les diverses projections qui, en fin d’année, annoncent l’événement. Tout en se remémorant les pépites et les joyaux découverts dans l’écrin du Spoutnik (ou dans les autres salles jalouses, on le devine, de sa singularité que l’on ressent sans même fermer les yeux), l’excitation monte peu à peu jusqu’à ce qu’on frétille d’impatience lorsque les sections – chaque années renouvelées – qui composent un très riche programme sont dévoilées. On en oublierait presque les films dont on se languit déjà.

Sections

Du 16 au 25/01/2015, le Black Movie aura de faux airs anatomiques et proposera une radiographie du cinéma indépendant d’aujourd’hui, de demain et d’hier. « Le corps du programme est de couleur noire, et sa texture émotionnelle, avec 50 films qui s’adressent avant tout à nos sens aiguisés par les tumultes du monde ! Black Movie redessine la planche anatomique de pied en cap, avec les films du cœur, du cerveau, du nez, de la main, du pied, de l’œil, du sexe ou encore des tripes, sans oublier des microbes qui pullulent. »

La prunelle de nos yeux ou le prix de la critique 2015 est composée de 8 long-métrages (dont 5 premiers) permettant à l’Asie (Chine, Corée du Sud et Taiwan) et à l’Amérique du Sud d’entrer en dialogue (Chili et Brésil) : marivaudage sexuel (THE NIGHT, Zhou Hao), élégie onirique (HOTEL/TRANSIT, Zoe Sua Cho), portraits ou chroniques que l’on sait d’ores et déjà innovants. L’amour sera disséqué à coeur ouvert (épinglons THE TRIBE de Myroslav Slaboshpytskiy et ANOTHER YEAR de Oxana Bychkova), les dérégularisations du cerveau étudiées au travers de la matière grise. Pas à pas du Brésil au Mexique, de l’Inde en Corée du Sud le multiple voyage mènera au Japon avec une exposition d’affiches de l’Art Theatre Guild (ATG), la maison de production qui a donné naissance à la nouvelle vague japonaise des années soixante (dont la section sexties présentera trois films emblématiques). A mains nues sera défrichée la réalité de la Chine contemporaine que documentariste Wang Bing filme sans détour en mettant en lumière les oubliés de la Chine et de son capitalisme d’Etat. Un rétrospective complétée par l’installation CRUDE OIL (14h! d’images) et la projection de TRACES la dernière exploration expérimentale du réalisateur qui sera présent et assurera une Master Class. Et puis, pour les adultes et ceux qui ne le sont pas (encore ou toujours) il y aura le petit black movie qui proposera notamment un focus sur l’animation brésilienne !

On s’y projette déjà. Et si on a hâte de retrouver une atmosphère chaleureuse et humaine – soit-elle peinte en noir – , on crève aussi d’envie de découvrir l’installation hommage à Twin Peaks conçue par l’artiste Cetusss et d’investir le Gunbalow, le bar éphémère doté d’une piste de danse qui participe pleinement à faire du festival LE rendez-vous incontournable du mois de janvier. En plus, il y aura de donuts !

Black Movie 2015

FESTIVAL BLACK MOVIE 2015 from Black Movie Festival on Vimeo.

Twin Peaks - Black Movie - Celtuss

Petit Black Movie 2015

Le site du festival : Cliquez ICI

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