Black Gold (Or Noir)

On 16/01/2012 by Nicolas Gilson

Dans les années 30, deux Emirs d’Arabie ne partagent pas le même point de vue sur l’exploitation du pétrole… Schématiquement l’un est tourné vers l’avenir, l’autre vers le passé et leur affrontement en synthétise d’autres – bancalement. La fresque est épique…

Ironisons sur la richesse du casting, la profondeur et l’intensité des dialogues, le génie de la mise en scène et la force de la musique arabisante.

Entre Antonio Banderas, dont l’accent espagnol est à couper au couteau, et Tahar Rahim ou encore Freida Pinto qui semblent réciter leur texte plus que probablement appris phonétiquement, BLACK GOLD ne flirte pas avec le ridicule mais l’épouse proprement. Curieux rappel des productions internationales des années quatre-vingt, ce qui est un jeu de convention – passer par une langue unique – devient proprement assassin. La série B se dessine ou plutôt s’imprime par dessus l’ensemble. Mais la parodie n’est pas le fer de lance du réalisateur. Il veut une fresque grandiloquente. C’est râté.

Bavard et démonstratif, le film ne cesse de s’épuiser à mesure qu’il re-suce les trucs cinématographiques et les effets à l’instar des renforts musicaux purement enrobant dictant un ressenti qui s’impose déjà dans la fausseté de l’interprétation et l’artificialité générale de la réalisation.

Une mention aux figurants qui ne parviennent jamais à s’effacer et dont la grâce égale celle de l’ensemble du film.

Suivons les conseils prodigués dans le film à savoir que tout ce qui peut s’acheter n’a pas de réelle valeur : une place de cinéma s’achète, un film aussi, et Jean-Jacques Annaud nous prouve qu’effectivement sa réalisation n’a aucune valeur. Pourtant de valeurs il est ici question, BLACK GOLD se voulant à plus d’un titre moralisateur et âprement consensuel sur les questions politiques et éthiques soulevées tout au long du film – soulevées, jamais approfondies et solutionnées avec une superficialité dont la facilité est choquante : plus que des chameaux, Annaud aurait dû filmer des autruches.

BLACK GOLD
OR NOIR

Réalisation : Jean-Jacques ANNAUD
France / Quatar – 2011 – 129 min
Distribution : Starway
Aventure

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