Berlinale 2018 : Impressions En Vrac

On 23/02/2018 by Nicolas Gilson

Passons la frustration de n’avoir pas pu découvrir l’ensemble des films en compétition, et revenons sur un marathon de plusieurs jours – complété heureusement par quelques détours virtuels, ou plutôt connectés. A chaud, cette 68ème édition est moins lumineuse que la précédente. Mais nous le savons, en festival, courir dans une sale se fait au détriment d’une autre, découvrir un titre conduit à en bouder bien d’autres. Cette certitude nous a conduit à préférer savourer une section dans son entièreté tout en picorant de-ci, de-là. Empêchés de déguster un menu en entier, notre première impression est donc celle d’une incomplétude.

las herederas

LAS HEREDERAS, Marcelo Martinessi

Néanmoins, nous avons souri, ri (des fois très Frot et malgré le film… comme devant EVA), rêvé, voyagé et écrasé l’une ou l’autre larme. Nous voulons déjà revoir certains films (comme ISLE OF DOGS tant il nous est apparu foisonnant), que nous continuerons à redouter certains réalisateurs (peut-être plus que de coutume) tandis que nous prendrons à nouveau plaisir à courir à la découverte des nouvelles réalisations d’autres (à l’instar des prochains Hong Sangsoo).

Légèrement groggy à la sortie de la projection du film d’ouverture, nous n’avons cessé de repensé au titre tout au long du séjour, soudainement nourri par l’image de telle ou telle séquence, riant a posteriori ou étant émerveillant par la magie du bricolage et de la maîtrise. Le film est dense. Fort aussi. Si on peut en dire autant de LAS HEREDERAS de Marcelo Martinessi, ce ne fut pas le cas d’une grosse poignée de film en compétition dont nous oublions les maigres enjeux au fur et à mesure que nous enchainons les projections – DAMSEL, LA PRIERE, IN DEN GANGEN, TWARZ, FIGLIA MIA ou encore DON’T WORRY, HE WON’T GET FAR ON FOOT on glissé sur nos rétines sans nous impressionné. C’est malheureux, mais c’est ainsi. Nous avons beau avoir détesté EVA ou TRANSIT qu’ils s’avèrent cependant marquant. Mais pas autant que les sensations que nous ont habités tout au long de LAS HEREDERAS. Quel personnage. Quelle actrice. C’est dur. C’est délicat. C’est beau.

Tout l’opposé de PIG (Jhook) qui cherchant à faire un film critique et universel sur la nouvelle médiatisation tout en ancrant une critique forte de la réalité iranienne nous gave littéralement. Semble-t-il assumé la farce contrairement à Benoit Jacquot que ce le n’est pas plus réussi. Au contraire. Peut-on dire qu’un film est moche ? Ce serait le meilleur qualitatif.

Un terme qui irait étrangement bien à TWARZ de Malgorzata Szumowska dont nous avions jusqu’à présent apprécié tous les films (ELLES, IN THE NAME OF et BODY), mais qui nous a laissé dubitatifs voire interdits. Un setiment partagé qui nous a également envahis face à UTOYA 22. JULI qui nous a agacé tant la caméra était palpable, qui nous a perdu tant nous sentions chaque chose chorégraphiée et appuyée ; tant le jeu pouvait se ressentir… ou qui nous a peut-être plaqué dans nos retranchements tant nous ne voulions pas voir et ressentir cela. Lorsque la confrontation évince toute distanciation au risque de ne produire que cela…

Nous repartons avec des impressions fugaces tout en étant tombé en amour pour plusieurs quelques personnages et autant de personnalités à l’instar de l’héroïne de LA HEREDERAS (promis on s’arrête là), de celle de GRASS tant elle est le moteur de l’humour qui nourrit le film de toute part et, surtout, de celle de TOPPEN AV INGENTING (The Real Estate) de Axel Petersén et Mans Mansson. Si l’on pouvait choisir ses amis, elle en serait définitivement ! La protagoniste comme l’actrice, aussi savoureuse l’une que l’autre.

Et puis, nous gardons en mémoire la douleur d’un certain Mathieu et celle engendrée par une terrible relation pourtant commune « à la base » : ces personnes des deux premières réalisations de la série ONDES DE CHOC (Prénom Mathieu de Lionel Baier et Journal de ma tête d’Ursula Meier) qui ont été électrisantes.

Toppen av Ingenting © Flybridge

TOPPEN AV INGENTING (The Real Estate), Axel Petersén et Mans Mansson

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