Berlinale 2018 : Quatre Femmes, Deux Coups De Coeur #02

On 16/02/2018 by Nicolas Gilson

En ce deuxième jour de festival, c’est un impressionnant grand écart qui prend place en Compétition avec d’une part l’inénarrable DAMSEL de David et Nathan Zeller (teinté d’un humour auquel nous sommes restés hermétiques) et le majestueux LAS HEREDERAS de Marcelo Martinessi ; un grand écart entre une comédie poussive emmenée par des acteurs qui n’ont rien à défendre (mais qui sont garants d’un joli tapis rouge) et une expérience sensible. Afin de ne pas rester dubitatifs, malgré les sensations procurées (entre agacement et enchantement), nous sommes allés prendre le pouls du côté des sections parallèles, d’abord au Forum à la découverte des derniers opus de Hong Sangsoo (GRASS) et de Corneliu Porumboiu (FOTBAL INFINIT), et ensuite au Panorama à la rencontre de OBSCURO BARROCO et de sa merveilleuse protagoniste.

Premier coup de coeur : LAS HEREDERAS

Premier long-métrage du Paraguyen Marcelo Martinessi, LAS HEREDERAS nous plonge dans la réalité d’un couple lorsque leur quotidien déjà vacillant bascule. Esquissant la sensible relation entre deux femmes, il nous fond au désarroi de l’une lorsque l’autre est envoyée en prison pour une question de dettes. Fondue jusqu’alors dans une routine assurée par Chicita, Chela qui vit mal son revers de fortune est littéralement déboussolée. Ce personnage en plein déséquilibre semble saisi par le réalisateur qui nous fond à ses sentiments multiples teinté de dépression, de honte mais aussi d’espoir et de renouveau… Un film qui se découvre, se dévoile et se ressent. Assurément – même si nous ne sommes qu’au deuxième jour – l’un des films de cette édition.

las herederas

Le film qui aurait du être en compétition : GRASS

Notre première tête au Forum nous mettra en joie tant avec GRASS Hong Sangsoo signe un film drôle et acide qui questionne intelligemment la notion de couple. Si l’on retrouve tous les éléments qui participe au cinéma du réalisateur prolifique, il y ajoute une once de sarcasme qui ne peut que nous réjouir. Admirablement interprété, le film se tisse au gré de la curiosité des uns et du bavardage des autres… autour de tables et de boissons. Un véritablement enchantement.

Notre parenthèse du côté de la section « laboratoire » du festival nous conduira à découvrir un personnage des plus fantasque en la personne de Laurentju dans FOTBAL INFINIT. Corneliu Porumboiu filme ici un des ses amis dont l’intime désir est de modifier les règles du football… Est-ce à y perdre son latin que ce n’en est pas moins passionnant (et très drôle).

Nous découvrirons encore un autre personne haut en couleur en la personne de Luana Muniz, une icône de la scène que brésilienne qui semble se livrer à nous au fil du documentaire OBSCURO BARROCO de Evangelia Kranioti.

Grass-Hong-Sang-soo

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>