Berlinale 2018 : Le Ridicule Ne Tuerait-Il Pas ? #03

On 17/02/2018 by Nicolas Gilson

C’est avec un sentiment divisé que nous entamons cette troisième journée de festival. A l’excitation de découvrir DOVLATOV, le nouveau film d’Alexey German Jr. (oui, l’excitation tant malgré ses longueurs UNDER ELECTRIC CLOUDS est un film qui continue à nous habiter) répond l’angoisse à l’idée de nous retrouver face au dernier film commis par Christian Petsold (avec néanmoins l’information rassurante que Nina Hoss ne fait pas partie du casting). En marge de ces sentiments opposés, c’est avec beaucoup de curiosité que nous nous apprêtons à voir le thriller de Benoît Jacquot (même si nous avons en mémoire de mauvaises rencontres berlinoises avec LES ADIEUX A LA REINE ou JORUNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRE). A l’issue de la journée, le constat est sans détour : nous sommes épuisés. En cause, un fossé culturel ne nous permettant pas d’apprécier à sa juste valeur DOVLATOV (nous nous contentons dès lors d’en apprécier les décors, les costumes, l’approche esthétique et le jeu tout en restant incommensurablement à distance) et de (trop) nombreux éclats de rire devant des films qui se prennent beaucoup trop au sérieux.

Transit

Tristes de ne pas pouvoir faire corps avec le Dovlatov mis en scène par le réalisateur russe, nous sommes néanmoins heureux de voir qu’un tel film, ouvertement critique à l’égard du pouvoir d’hier et donc, par effet naturel de ricochets, à celui d’aujourd’hui puisse être produit dans la Russie contemporaine. Si la culture dont il est question semble se tartiner devant nous sans que nous puissions la savourer, notre attention a le mérite d’être excitée. Et autant dire que cet élément échappe au film à suspens signé par Benoît Jacquot qui se révèle aussi haletant qu’une devinette Carambar (mais néanmoins beaucoup plus drôle). Mettant en scène la rencontre entre un escort boy qui se rêve écrivain et une prostituée dominatrice (un rôle dés-incarné par Isabelle Huppert), le réalisateur français signe malgré lui la farce de l’année. Outre le rire, la seule réaction possible est celle de singer Isabelle Huppert lorsqu’elle sort un cri strident qui condense en une poignée de secondes la réaction épidermique suscitée.

Tristement actuel, TRANSIT de Christian Petzold fantasme la réalité des migrations en plaçant l’Occident dans la position que d’aucuns refusent d’envisager. L’idée est magistrale, la métaphore manque cependant de finesse et nous laisse dubitatifs au gré d’un développement romanesque qui nous agace plus qu’il ne nous enchante. Les fanatiques du cinéaste apprécieront. Nous n’en faisons décidément pas partie.

EVA © 2017 MACASSAR PRODUCTIONS - EUROPACORP - ARTE France CINEMA - NJJ ENTERTAINMENT - SCOPE PICTURES : Guy Ferrandis

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>