Berlinale 2018 : Coup De Foudre #04

On 18/02/2018 by Nicolas Gilson

Qu’importe un détour du côté du Panorama (où nous avons découvert le sympathique LAND de Babak Jalali) ou notre incursion dans la section Génération (à la rencontre du trop formel et dès lors esthétisant FORTUNA de Germinal Roaux), la surprise de cette journée – voire du festival tout entier – émane de la compétition où nous avons découvert un personnage dont nous sommes littéralement tombés amoureux. Energique et teinté de subversion, THE REAL ESTATE a fait notre journée (et peut-être notre festival). Ecrit et mis en scène par Axel Petersen et Mans Mansson, le film se construit autour d’une femme qui se révèle jouer une variante d’elle-même (Léonore Ekstrand). Si l’on demeure dans la fiction, à mesure que les réalisateurs jouent habilement avec des codes dont ils revisitent la convention, la réalité suggérée fait tout à la fois froid dans le dos et enchante – Quelle femme ! La puissance est telle que nous en oublions la déception ressentie devant LA PRIERE de Cedric Kahn comme devant FIGLIA MIA (malgré l’interprétation magistrale d’Alba Rohrwacher).

Toppen av Ingenting © Flybridge

LA PRIERE porte sans doute bien son titre. Un poil trop démonstratif, le film se construit comme un Notre Père, mais trouve quelques moments de grâce à travers le personnage secondaire joué par Damien Chapelle. S’intéressant à la retraite forcée d’un jeune toxicomane – et au-delà faisant le portrait de ces personnes en décrochage qui cherchent un sens à leur vie – le réalisateur nous confronte à son désarroi sans jamais nous y fondre, ancrant peu à peu une illustration qui a la naïveté de bien des textes bibliques. Si l’on adhère au jeu du comédien principal sans doute est-ce un voyage introspectif enrichissant. Confrontés à une pure interprétation, nous préférons refermer le livre tant nous sortons de la projection avec l’impression d’avoir assisté à une messe au rythme mollasson.

Sommes-nous enchanté par la luminosité de FIGLIA MIA que nous sommes vite refroidis par la réaction de la presse italienne qui a littéralement hué le film. En cause, l’incrédulité dans laquelle les plonge l’interprétation de Valeria Golino – et une once de misogynie dont ils n’avoueront rien. Le portrait et pourtant beau, bien que poussif. Laura Bispuri retrouve Alba Rohrwacher qu’elle avait dirigé dans VIERGE SOUS SERMENT et lui offre un rôle instinctif et animal. Au fil de son second long-métrage, elle questionne la filiation et, surtout, la maternité. Les enjeux sont nombreux (à l’instar de la normalisation ou, au contraire, de la marginalisation), mais abordés aussi benoitement que solairement.

La prière © Les films du Worso : Carole Bethuel

Figlia Mia © Vivo film : Colorado Film : Match Factory Productions : Bord Cadre Films : Valerio Bispuri

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