Belle Epine

On 28/03/2011 by Nicolas Gilson

Malgré quelques séquences de complicité et d’intimité très justes, le premier long métrage de Rebecca Zlotowski, BELLE EPINE, ne cesse de s’enliser dans un jeu démonstratif et de nous assommer. La réalisatrice ne craint pas de recourir à des effets barbants dont le sens, bien qu’évident, peut paraître abscons tant leur emploi est d’une lourdeur incommensurable.

L’épine dorsale du scénario est construite à coup de butoir, sans finesse. Alors qu’elle quitte l’adolescence, Prudence perd sa mère tandis que son père et sa sœur son absents. Elle doit vivre seule son deuil et trouver un nouvel équilibre, son équilibre. Dear Prudence…

En marge de la ligne narrative première une série de sujets plein de sens est esquissée sans jamais être développée et nous importe étrangement plus que le drame qui bouleverse pourtant de manière radicale la jeune fille à qui donne vie Léa Seydoux. L’actrice porte le rôle avec une douleur plus que visible. Trop sans doute. Dès lors lorsque Prudence dîne chez des amis et se retrouve témoin de la confrontation entre un père et son fils durant le seder de Roch Hashana, son minois ne nous intéresse aucunement.

Le sous-texte homosexuel qui s’établit tout au long du repas, lié à la dimension religieuse, est beaucoup plus riche, plus fort, plus intense. L’homosexualité ne cesse d’ailleurs d’être évoquée tout au long du film sans que cela ne concerne, ni n’inquiète jamais la protagoniste. Bien que celle-ci toujours soit centrale, ce n’est que lorsque les enjeux ne la concernent pas que le film prend sens. Car le pathos alors s’estompe. Bien que les ellipses soient nombreuses, jamais BELLE EPINE ne trouve un rythme convaincant. L’ennui ne cesse de nous emporter. Seuls les renforts musicaux qui reviennent en leitmotiv semblent ancrer une dynamique.

Au final, les saintes épines de la jeune Prudence sont bien banales et irritantes tant le désarroi qui l’anime n’est pas communicatif. Nous pataugeons en plein pathos, qui est plus que pénible tant la subtilité semble étrangère à la réalisatrice. BELLE EPINE se veut être une épine irritative.

Déjà le pre-générique laisse supposer cela. La séquence d’introduction, précèdant un gérérique qui est in fine le seul élément captivant du film, condense l’ensemble des reproches possibles. Aucun rythme, aucune finesse scénaristique, point de singularité esthétique… Seule la reconstitution d’une époque enchante quelque peu.

BELLE EPINE

Réalisation : Rebecca ZLOTOWSKI
France – 2010 – 80 min
Distribution : CNC
Drame
EA

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>