Beautiful Creatures

On 27/02/2013 by Nicolas Gilson

Qu’importe la transcription française de son titre, BEAUTIFUL CREATURES n’a rien de sublime. Premier épisode de l’adaptation sur grand écran de « La Saga des lunes » écrites par Kami Garcia et Margaret Stohl, le film s’impose comme un pur produit dont l’appétissante campagne marketing se résume simplement : « le nouveau Twilight »*.

- Ma famille est différente.
- Vous êtes européens ?

Lycéen dans une bourgade tellement isolée qu’il n’y a pas même un Starbuck, Ethan Wates est comme envouté par Lena Duchannes qui débarque dans sa classe le jour de la rentrée. L’adolescent rêve d’elle depuis plusieurs mois. Un fantasme partagé qui trouve sa source dans une malédiction qui unit Ethan à Léna. Celle-ci se révèle être une « enchanteresse » qui, le jour de ses 16 ans, saura si elle est vouée à la lumière (le bien) ou aux ténèbres (le mal).

Au scénario et à la mise en scène – puisqu’il faut bien que quelqu’un s’y colle – Richard LaGravenese. Bien que ce dernier livre un objet filmique dépourvu de singularité, il a tout de même le mérite de condenser en un premier temps la mise en place de tous les enjeux – merci le recourt simpliste à la voix-over – et de se concentrer ensuite sur l’évolution, au coeur d’un univers fantastique sans réel relief, d’une banale romance adolescente dominée un manichéisme réducteur.

Ainsi le film s’ouvre sur une séquence d’introduction où les enjeux prennent place sous le point de vue d’Ethan qui en quelques phrases énumère tout ce qu’il est nécessaire de savoir à son sujet. Une base narrative qui peut elle même se résumer en son état amoureux : Ethan aime Léna inéluctablement. La suite des aventures est alors rythmé sur base du décompte des jours amenant Léna à son seizième anniversaire matérialisé par un tatouage sur la main de la jeune fille qui se modifie chaque jour. Si ce jeu est amusant, il permet de faire attention aux sautes temporelles qui se révèlent risibles car en plus de 100 jours il ne se passent pas grand chose… malgré une tension paradoxalement exacerbée au fil des interactions.

Pour camper le jeune ado qui réfléchit comme une héroïne de conte de fée – et par là-même ne peut que séduire celles qui en ont été gavées –, le réalisateur a fait appel à un jeune homme qui n’a rien à envier à la plastique de Zack Efron et qui séduira le même public : Alden Ehrenreich. Léna est interprétée par Alice Englert (déjà aperçue dans le segment 8 du film à sketchs THE WATER DIARY réalisé par Jane Campion dont elle est la fille). Si les deux comédiens, à l’instar du reste du casting, n’ont rien à défendre mais apparaissent le faire avec conviction. Le montage, les effets spéciaux (pas toujours convaincants) et les renforts musicaux se chargeant de mettre le spectateur en condition. Et si derrière la ligne narrative se dessine, un temps, un second degré critique à l’égard de la société américaine, celui-ci, malgré quelques bonnes répliques, s’avère bien malheureusement hasardeux. Le film se révèle sans surprise n’être qu’un objet manufacturé – formaté – dont la fadeur contentera le plus grand nombre.

*Un slogan : « Si vous avez aimé Twilight, vous allez adorer Sublimes Créatures ! »

BEAUTIFUL CREATURES
SUBLIMES CREATURES
•/♥
Réalisation : Richard LaGravenese
USA – 2013 – 124 min
Distribution : Belga
Comédie romantique / Aventure / Fantastique

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