Critique : Be Kind Rewind

On 13/08/2008 by Nicolas Gilson

Un vidéo-club perdu au coeur d’un quartier lui-même en perdition, où se retrouvent Mike, un employé bête et gentil, et son meilleur ami, Jerry, doucement fou. Alors que je gérant quitte la ville, Mike tente de s’en sortir comme il peut avec la gestion de l’exploitation. Seulement Jerry, devenu magnétique suite à une tentative ratée de sabotage de centrale électrique, démagnétise toutes les cassettes. La seule solution afin que le gérant ne soit pas mis au courant semble être de tourner les films eux-même…

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DES ADULTES AUX REGARDS D’ENFANTS

Le nouveau film de Michel Gondry nous confronte à des personnages doucement frappa-dingues qui ont tous en eux une part conservée d’enfance. Qu’ils soient réellement dingue ou quelque peu limités, ils nous séduisent autant qu’ils nous irritent car ils se présentent sans concession – vrais malgré leur caractère caricatural. Ils témoignent d’une insouciance et d’une naïveté qui a quelque chose d’envoûtant, tant nous aimerions être a même de replonger dans notre propre logique enfantine.

Be Kind Rewind ne témoigne pas de l’exubérance imaginative dont faisait preuve La science des rêves. Au contraire les trucs et astuces ici présentés servent intelligemment l’intrigue en permettant de conduire le spectateur à la rencontre du sujet sous-jacent du film, la raison même des jeux improbables qui se developpent sous ses yeux : un humanisme collectif qui semble perdu, la solidarité.

Le film est cependant construit étrangement, il prend un temps certain avant de réellement démarrer. La mise en place de nombreux éléments, qui trouveront ensuite écho, s’avère périlleuse si bien qu’elle limite les possibilités d’entrer pleinement dans le récit. Cependant, une fois les différents éléments clairement exposés, tout s’enchaîne très vite donnant dès lors au film un caractère paradoxal.

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Si l’élément déclencheur du film est l’hypothèse de démagnétisation des films, le réalisateur joue avec l’image afin d’intégrer l’idée même d’interaction avec la matière filmique. L’image est altérée, brouillée par l’hypothèse magnétique. Jeu de courte durée suivant la logique narrative. Mais le caractère récréatif propre à Gondry ne s’essouffle pas pour autant. Il s’ouvre ensuite à l’hypothèse cinématographique en tant que telle, car quelle meilleure mise en abyme que celle des trucs et astuces d’un cinéma bricolé? Il crée à partir de rien. Les films qui vont être suédisés, à savoir “remaké“, par ses drôles de personnages, jouent sur les attentes et le souvenir des spectateurs. Ce qui engendre tant le rire que l’émerveillement.

Le réalisateur renvoie magiquement au cinématographe, à l’époque où les images projetées engendraient des réactions physiques et constituaient un réel spectacle. L’hypothèse de solidarité qu’il développe autour de la construction finale d’un “film de famille“, faux documentaire construit en carton pâte, – qui ouvre, ponctue et clôt l’intrigue principale – donne un goût particulier et savoureux à son univers aussi imaginatif qu’imaginaire.

Alors que nous sommes savamment posé en spectateur, nous avons l’étrange impression de faire partie de cette soif solidaire. Car nous sommes alors proprement charmé par l’univers de Gondry enfin accessible.

BE KIND REWIND
Soyez sympa rembobinez
♥♥
Réalisation : Michel GONDRY
USA – 2007 – 94 min
Distribution : Kinépolis group
Comédie
Enfants admis

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