Barbara

On 06/09/2012 by Nicolas Gilson

C’est avec un grand classicisme que Christian Petzold met en scène BARBARA dans lequel Nina Hoss joue la carte de l’artificialité la plus complète. Le seul réel intérêt du film tient sur le travail de mémoire et de critique quant à la société allemande d’avant la chute du mur qui y est esquissé. Une approche sarcastique moyennement intelligible pour qui n’est pas allemand – en témoigne la réaction très divisée à des référents qui ne sont pas communs lors de la première projection presse à la Berlinale.

Barbara est transférée de Berlin vers un vulgaire centre hospitalier de province en Allemagne de l’Est car elle a fait une demande d’immigration à l’Ouest. Témoignant d’une rigueur et d’une forte froideur face à ses collègue, Barbara ne montre d’intérêt et d’humanité qu’à l’égard de ses patients. Elle est secrète et, tandis que son petit ami tente de mettre en place sa fuite vers l’ouest, elle subit les pressions et le contrôle des autorités. La réalité mise en scène porte un regard sur la société est-allemande à l’aube des années 80, lorsque la liberté individuelle n’existait, de facto, pas.

Bien qu’évidente, l’écriture est habile : le scénario se construit sur la base d’un film à suspens (même si celui-ci ne surprend guère) tout en se montrant très sarcastique face à la société décrite (dont l’esprit est bien rendu avec des détails très signifiants) en mettant en scène nombreux de ses mécanismes. Il est toutefois dommage que la centralité du personnage principal soit mise à mal, c’eut été une épure essayant un point de vue qui, in fine, s’effrite.

L’approche esthétique est d’un rare classicisme au point de s’avérer très artificielle et sans originalité. L’exacerbation sonore magnifie l’artifice qui est présent d’un bout à l’autre de la palpable mise en scène ! Le jeu de Nina Hoss renforce cette impression – avec des gestes faux dont les intentions sont marquées avant même qu’ils ne prennent vie (notez qu’en buvant des tasses de café vides…). Et si nous étions mesquins, nous relèverions l’absence de cohérence dans les raccords maquillage.

BARBARA

Réalisation : Christian Petzold
Allemagne – 2012 – 105 min
Drame
Berlinale 2012 – Sélection Officielle en Compétition

Mise en ligne initiale le 16/02/2012

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