Babysitting

On 14/04/2014 by Nicolas Gilson

Joyeuse pépite mettant en scène un délire potache truffé de répliques imparables, BABYSITTING est une délectable comédie. S’il ne s’agit certes pas d’un grand film, celui-ci fait mouche grâce à l’apparente sincérité et à l’imagination de ses auteurs.

Babysitting

« Le jour où tu organises un dîner de cons, toi, tu pourras manger tout seul »

Alors que Frank (Philippe Lacheau) a prévu de célébrer son trentième anniversaire, son patron lui demande s’il peut garder son fils Rémi. Obligé, Frank ne parvient pas à refuser et se retrouve à faire du babysitting dans une villa improbable. Le lendemain les parents sont réveillés par un appel de la police : Rémi a disparu, nulle trace de Frank. La seule piste est un caméscope sur lequel semble être enregistré l’ensemble des rebondissements de la soirée.

Lorsque le film s’ouvre, l’approche fait peur : atrocement artificielle, celle-ci semble caricaturale et, malgré l’humour de nombreuses scènes, d’une rare balourdise. Outre une voix-over explicative, la mise en place consiste également à surligner certains objets qui flairent bon (ou pas) le comique de situation. Face Clothilde Courau en bourgeoise pincée, Gérard Jugnot en nouveau riche prétentieux ou Philippe Duquesne en policier crétin, l’angoisse s’impose franchement. Si l’on peut alors s’attendre au pire, la structure se révèle bientôt surprenante et le film démarre enfin lorsque l’on découvre le contenu de carte mémoire de la caméra.

Wavignies : Philippe Lacheau, réalisateur de Baby-sitting

S’il est évident qu’il vaut mieux ne pas se poser la question d’où est magiquement sorti le câble permettant d’en lire les images ni s’inquiéter de moult données réalistes, le duo de réalisateurs réussit alors à établir un dialogue entre deux temporalités et de facto entre deux factures esthétiques dont le contraste n’est pas dépourvu d’humour. A la pleine artificialité fictionnelle répond un procédé basé sur le « Found Footage » où la caméra employée par les protagonistes-mêmes en capte les faits et gestes dont elle se veut le révélateur. L’approche est ainsi radicalement différente et, tout en se moquant de la quête perpétuelle de tout « buzz » potentiel (et de l’égocentrisme tandis que le selfie est à la mode), atteste d’une vive dynamique présentant l’intérêt d’épouser le regard de plusieurs protagonistes – la caméra passant de main en main.

Il est toutefois regrettable que le procédé soit employé sans radicalité comme en atteste la qualité de la lumière, le montage apparent des images prises sur le vif et le ponctuel enrobage musical. Et pour ce qui est de l’interprétation, l’arrêt sur image est assez parlant… Mais qu’importe : la volonté n’est clairement pas de révolutionner le cinéma mais de réaliser un délire entre potes auquel est convié le spectateur. Et, entre une course de Mariokart grandeur nature et un remake de UP par une bande de saoulards, le délire s’impose comme jubilatoire.

Babysitting affiche

BABYSITTING
♥(♥)
Réalisation : Philippe Lacheau & Nicolas Benamou
France – 2014 – 85 min
Distribution : Victory Productions
Comédie

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babysitting

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