Baby Balloon

On 18/11/2013 by Nicolas Gilson

Oscillant entre les genres, BABY BALLOON est une douce fable où se révèle Ambre Grouwels dans le rôle difficile d’une jeune fille qui, au crépuscule de son adolescence, est mal dans sa peau. A la réalisation, Stefan Liberski signe un film inégal qui séduit sans convaincre.

baby_balloon_obrother_03

- Faut pas !
- Mais, c’est pas grave.

Jeune leadeuse d’un groupe de rock, Bici s’éprend de son ami d’enfance, Vince, le guitariste, après l’échange d’un baiser furtif. Lui, il préfère oublier le geste né dans l’effervescence précédant un concert. Bici, par contre, est tout à la fois obsédée et enivrée. Est-elle amoureuse qu’elle en a marre d’être la bonne copine, la confidente de service. Mais comment être aimée si elle ne s’aime pas elle-même ?

Bici vit en région liégeoise avec sa mère, dépressive et colérique, et sa grand-mère mourante. Le décor n’est certes pas joyeux toutefois, animée par sa passion pour la musique, Bici peut, dans la création, s’exprimer. Un refuge chaleureux qui n’a rien d’absolu. Le rejet de Vince est pour la jeune fille le déclencheur d’une réflexion plus profonde. Hors-normes de par son physique, Bici trouve dans des tenues extravagantes et un maquillage qui tient du grimage la possibilité contradictoire de traduire son émoi et de s’effacer.

Si l’approche scénaristique présente la qualité de suivre le parcours de la jeune fille en nous fondant à son ressenti, l’écriture voyage entre différents registres sans trouver le juste ton. Le film oscillant du drame sincère à la romance éculée (commune ?), d’une poésie certaine à un humour potache. Si cela rend le personnage de Bici tantôt attendrissant, tantôt bouleversant, la mise en scène manque de cohérence et déçoit quelque peu : Stefan Liberski semblant donner au film plusieurs colorations sans assoir une réelle inflexion.

A l’instar de la scène d’ouverture ou de la plupart des scènes de foule, il capte avec brio la fougue et l’énergie des protagonistes – une énergie ensorcelante qui devient même diabolique. Le découpage (très marqué) et le montage s’imbriquent alors brillamment. Une acuité qui contraste avec les scènes de comédie qui tombent le plus souvent à plat et de nombreuses scènes sans volume comme les répétitions, les confrontations entre Bici et sa mère, ou certains instants – éculés – de solitude. Stefan Liberski parvient néanmoins à exacerber le ressenti de Bici en nous confrontant sans fausse pudeur à son désespoir notamment lorsque la nourriture, jusqu’alors source de plaisir, devient une arme cruelle que Bici utilise contre elle-même.

Si la musique est un élément constitutif à l’identitaire de la protagoniste, son emploi est intelligent et permet tout à la fois de transcender l’émotivité générale et de marquer l’évolution tant du récit que de Bici. Enfin Ambre Grouwels est époustouflante. Elle livre une prestation d’autant plus prodigieuse qu’elle semble, sans crainte, se mettre à nu.

baby_balloon_affiche

BABY BALLOON

Réalisation : Stefan Liberski
Belgique – 2013 – 84 min
Distribution : O’Brother
Comédie dramatique

FIFF 2013 – Regards du présent

baby_balloon_obrother_02

baby_balloon_obrother_04

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>