Armadillo

On 12/02/2011 by Nicolas Gilson

Danemark, 2009 : de jeunes hommes s’engagent comme volontaires dans l’armée. Ils partent en Afghanistan. C’est leur première mission. ARMADILLO nous propose de les suivre pas à pas. Et à mesure que nous les rencontrons, nous découvrons la réalité de cette guerre.

Lorsque l’absurdité tant du combat que de l’engagement militaire s’impose, nous ne pouvons qu’être intrigué par la motivation qui habite ces jeunes hommes. Quelle est-elle ? Quelle peut-elle être ? La radicalité qui définit leur esprit est effarante. Leur impression d’utilité, lentement mais surement mise à mal, fait peine à voir. Mais au-delà de cette terrible rencontre avec une désespérance dont ils n’ont pas conscience, c’est la débilité d’une pleine situation qui est plus que troublante. De nombreux enjeux ne sont cependant pas développés. L’engagement n’est ainsi motivé que « sur le terrain » et non pas en amont, tant d’un point de vue politique qu’économique. L’impression qui se dégage est donc d’être confronté à une série d’hommes (en devenir ?) dont l’intérêt est digne des caïds d’une cour de récréation.

Et de récréation il est question. Car entre les charges militaires, in fine inutiles, c’est à travers elle que la force de l’essence du film s’impose. La camaraderie ici mise à nu – entre désir, projection et action – est aberrante tant en émane une crétinerie commune qui fait plus peur qu’elle ne choque.

La ligne narrative voulue par le réalisateur est claire. Il part à la découverte d’un parcours d’engagement volontaire en suivant pas à pas un groupe de son départ sur le terrain à son retour au pays. Il pose le choix de suivre un jeune homme en particulier, en le suivant dans sa famille ce qui permet d’élargir le point de vue de départ au regard de son entourage divisé. Cependant ce choix s’avère rapidement limitatif, non en ce qui concerne l’idée mais en cause de la personnalité de la personne choisie. Celui-ci est tellement crétin, attestant d’une passivité et d’un manque de personnalité affolant, que de l’approche individuelle le réalisateur bascule logiquement vers la multiplicité. Et si celle-ci n’est pas beaucoup plus folichonne, elle permet de brosser le portrait d’une pluralité à la pensée somme toute unilatérale.

Si l’approche photographique est incroyablement riche, une cruelle impression de mise en scène (émanent non exclusivement mais principalement du montage et des renforts musicaux) s’impose comme perturbante. Si bien que ARMARILLO tient dès lors plus d’un document fragmenté que d’un témoignage global sur la situation. Un document toutefois rempli d’intérêt qui révèle une absurdité plurielle : celle de l’engagement occidental et de son entêtement ; celle aussi de la position dans laquelle se retrouvent les locaux face à un combat qui ne les intéresse que dans la mesure qu’ils en subissent les conséquences.

ARMADILLO
♥(♥♥)
Réalisation : Janus METZ
Danemark – 2010 – 100 min
Distribution : Imagine
Documentaire
EA

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