Critique : Anni Felici

On 23/06/2014 by Nicolas Gilson

Au milieu des années 1970, Dario et Paolo voient leurs parents se déchirer. Leur père, Guido, est un artiste plasticien dont la complicité avec les jeunes femmes qui lui servent de modèles ronge peu à peu leur mère, Serena. Une situation qui les dépasse mais qui bouscule cependant leur quotidien.

Anni-Felici-Luchetti

« - Qui est-ce ?
- C’est ton absence »

Daniele Luchetti ouvre son film par l’intervention d’une voix-over qui d’entrée de jeu établit une complicité avec le spectateur tout en esquissant le point de vue adopté. ANNI FELICI est en effet présenté comme l’histoire de la famille du « narrateur » à l’été 1975. Derrière une apparente simplicité, l’écriture se révèle complexe. Le scénario est tissé au regard de Dario (le frère aîné) et épouse en bien des points la naïveté de l’enfance. Ainsi la réalité de la relation entre ses parents se révèle peu à peu sans qu’il ne puisse, au contraire du spectateur, en prendre conscience.

Tout en étant clairement dans la projection, le réalisateur trouve dans l’hypothèse du souvenir un terreau d’une rare richesse. Alors qu’au-delà Daniele Luchetti propose une réelle photographie de la société de l’époque – avec quelques savoureuses touches de féminisme – il sublime en bien des points le regard quelque peu fantasmé d’un enfant sur ses parents.

Anni Felici - ABC Distribution

Guido et Serena s’aiment et pourtant se déchirent. Emportée par la jalousie et usée par la routine d’un quotidien assez creux, Serana doit en fait se trouver elle-même. Un parcours nécessaire, développé face à l’incrédulité de son époux bien interdit par sa soudaine prise de liberté. Des questionnements et des changements que les enfants ne peuvent comprendre mais qui, toutefois, ne peuvent que les nourrir. Un constat par ailleurs établi puisque la réminiscence de moment clé de l’enfance de Dario met également en scène l’évolution de Guido (et de son travail) qui, face à la détermination de son épouse, se doit de réagir

Fort de construire son film selon une intelligente logique d’évocation, Daniele Luchetti lui confère d’emblée une coloration tant visuelle que musicale. Transcendant le bouillennement de l’enfance, il insuffle à ANNI FELICI une vive énergie qui se veut contagieuse. Et ce d’autant plus que le réalisme du microcosme familial auquel il donne vie est total. C’est que le réalisateur est un habile directeur d’acteurs et parvient à révéler, entre les lignes et au-delà de la richesse de son écriture, bien des détails et autant de sensations.

Anni Felici - poster

ANNI FELICI
Ton Absence
♥♥
Réalisation : Daniele Luchetti
Italie / France – 2013 – 106 min
Distribution : ABC Distribution
Comédie dramatique

Anni-felici-2013

Anni felici

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