Angélique

On 17/12/2013 by Nicolas Gilson

Après un premier virage à 180 degrés, passant des comédies comme BIMBOLAND et UNE FEMME TRES TRES TRES AMOUREUSE aux films de « genre » avec YAMAKASI – LES SAMOURAIS DES TEMPS MODERNES et LE DERNIER GANG, Ariel Zeitoun vire à nouveau de cap avec la mise en scène du remake d’ANGELIQUE. Tente-t-il de dépoussiérer le « costume-drama » qu’il signe un divertissement pénible et sans intérêt.

L’oeuvre romanesque d’Anne et Serge Golon est cette fois adaptée sous forme de scénario par Philippe Blasband qui ne livre guère un terreau fertile au réalisateur. Sans doute se concentre-t-il plus sur la centralité de l’héroïne que celle-ci n’a pas de réel volume. Mais le roman en a-t-il seulement ? Mariée de force à un inconnu dont elle tombe éperdument amoureuse, Angélique Sancé de Monteloup doit faire face aux moult manigances d’hommes décidés à maintenir leurs pouvoirs et leurs privilèges. Le combat pour la liberté de son mari devient alors une lutte contre l’injustice (car oui, la suite est au programme). L’incroyable destinée d’une jeune fille aussi belle qu’insoumise…

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Le film s’ouvre sur une « terrible » séquence où, en fuite, Angélique (comment ne pas le deviner ?) se noie. Nous sommes bientôt « six ans plus tôt » et rencontrons l’héroïne à la veille de ses noces avec Philippe de Plessis-Bellière, un homme qu’elle n’a jamais vu et dont elle ne veut pas. Quelques confidences très appuyées par ici, une tentative de culbutage absolument dépourvue de crédibilité avec le fameux Nicolas par là, nous voilà bien vite dans la propriété où la belle, culottée, va se montrer insoumise avant de fondre pour son époux sans que celui-si n’ait eu réellement l’occasion de témoigner d’une réelle psychologie. Tout semble-t-il surfait qu’il ne peut qu’être à dessein démonstratif et superficiel. Bref, quelques fondus enchaînés permettent de gagner quelques années (de précieuses minutes pour le spectateur que nous sommes déjà gagné par l’ennui depuis un bon moment) et quelques flash-back ponctuent les scènes d’évocations sans que leur lourdeur ne paraisse vraiment tant l’ensemble, manquant de finesse et de singularité, est assez cohérent. Nous passerons sur la séquence résumant les aventures de la belle (si nous pouvions avoir quelques réserves sur le montage, là nous n’en avons plus aucune) avant une conclusion annonçant la suite (horreur). A suivre…

Pour dynamiser le film en costumes, Ariel Zeitoun opte pour une mise en scène où il favorise les effets de mouvement et un découpage qui fait franchement mal aux yeux. Tente-t-il de rendre moult scènes réalistes en opérant des effets de flairs (autant de reflets de lumière dans la lentille de l’objectif, à moins d’avoir un cadreur aveugle, ne peuvent pas être dû au hasard) qu’il semble oublier que ses protagonistes s’éclairent à la bougie. Bref, si nous nous surprenons à ne pas vomir tant la réalisation tient du grand huit, la musique a très rapidement raison de notre patience. Si celle-ci est avant tout conditionnante, elle tient du pur gavage et agace à tel point que les rares moment où elle disparait nous pourrions nous surprendre à pousser des hâles de soulagement. Aussi, si l’interprétation est louable, cet ANGELIQUE – le film – est une réelle pénitence. Certes les aventures de la belle se laissent regarder mais la plastique et les yeux de Nora Arnezeder, la voix quasi envoutante de Gérard Lanvin, Tomer Sisley en costume d’époque ou le plaisir de retrouver Mathieu Kassovitz ne suffisent franchement pas à nous convaincre.

Fin de la première partie. Merci, nous nous en tiendrons là.

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ANGELIQUE

Réalisation : Ariel Zeitoun
France / Belgique / Autriche / République-Tchèque – 2012 – 113 min
Distribution : Belga Films
Romance / Aventure

Angélique - Affiche

Angélique

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