Amazonia

On 25/12/2013 by Nicolas Gilson

Scénarisé à outrance, AMAZONIA met en scène le parcours d’un singe capucin qui retrouve par accident la liberté au coeur de la forêt amazonienne. Si Luc Marescot et Thierry Rogobert livrent des images superbes de la faune et de ses microcosmes, ils sombrent dans une anthropomorphisation et une atmosphérisation détestables ponctuées par une moralisation franchement balourde. Le tout, en 3D !

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D’entrée de jeu il est question d’enrobage. Le mise en scène est appuyée et chaque élément contribue à mettre en condition le spectateur. La découverte d’un jeune singe capucin qui, balloté dans une cage, est contraint de prendre l’avion est rapidement suivie par le crash de celui-ci. Si le singe survit, il doit maintenant faire face au mode extérieur : Malin, il utilise ses petits doigts pour ouvrir sa cage mais découvre bien vite que le monde qui l’entoure est plein de prédateurs.

Plus que palpable le caractère narratif du scénario fait du protagoniste une réelle marionette dont se joue les réalisateurs afin de confronter le spectateur à son parcours fantasmé. Si l’écriture ne témoigne d’aucune finesse, elle évite tout de même l’écueil de la voix-over contant les « fabuleuses et extraordinaires aventures » qui prennent place. Le singe vit ainsi mille et une émotions humaines qui sont à dessein exacerbées afin que le spectateur puisse les partager – ou les subir selon qu’il développe une allergie aux multiples mises en condition. Confronté tant au désarroi de l’animal qu’au caractère effroyable que peut revêtir le monde sauvage, le spectateur partage d’autant plus le ressenti du petit singe qu’il est le témoin privilégié de ses rêves. Et les gentilles aventures conduisent à une conclusion mêlant pathétisme et ridicule mais dont la morale est parfaitement intelligible (et déjà présente à l’ouverture du film).

La mise en scène renforce en tout point l’artificialité de l’écriture. Les séquences fictionnelles se ressentent amèrement (tout comme la présence de la caméra) tandis que les images documentaires sont intégrées sans finesse à la trame narrative qu’importe les logiques d’échelle ou de réalisme. Le montage est employé dans une pure optique narrative tout en renforçant sans cesse la mise en condition. Si la musique guide de manière dictatorielle tout ressenti, le travail sur le son et son exacerbation tendent au même objectif.

Au coeur de ce marasme, se perdent de bien belles captations de la faune et de la flore d’une forêt qui recèle bien des merveilles. À l’acuité de moult prises de vue documentaires, répond un emploi de la 3D bancal qui est mis à mal par de nombreuses séquences à l’instar de l’ouverture du film (plus que ridicule) ou d’effets de surimpressions franchement détestables.

Amazonia

AMAZONIA
•/♥
Réalisation : Luc Marescot & Thierry Ragobert
Brésil / France – 2013 – 82 min
Distribution : Cinéart
Docu-fiction / Drame

FIFF 2013 – Regards du présent

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Amazonia

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