Critique : Albert à l’Ouest

On 07/07/2014 by Nicolas Gilson

Avec Seth MacFarlane à la barre (devant et derrière la caméra mais aussi au scénario et à la production), ALBERT A L’OUEST est d’une lourdeur incommensurable. Pure addition de sketches aussi subtils qu’un coussin péteur, le film prête à rire mais n’enchante guère – le réalisateur ne parvenant jamais à élever le niveau au-delà des simagrées. Lorsque le saugrenu assoit le supplice.

« Trouver le bonheur, c’est prendre de la drogue en groupe »

Albert (Seth MacFarlane) ne se sent pas à sa place dans le Far-West du 19 ème siècle. Eleveur de moutons incapable de tenir son troupeau, il lui semble inconvenable de mesurer sa virilité lors d’un duel. Sa petite amie trouve là l’excuse idéale pour le quitter ce qui le plonge dans une profonde dépression. Il se lie bientôt d’amitié avec une inconnue qui s’avère être la femme du hors-la-loi le plus redouté…

a million way to die in the west - albert à l'ouest

A une série de cartes postales présentant la beaucoup des paysages désertiques de l’Ouest, répond d’entrée de jeu l’intervention en voix-over de celui qui s’avère être le héros. Le réalisateur cherche-t-il ce faisant à établir une connivence avec le spectateur qu’il assoit l’âpreté de l’époque qu’il met en scène en montrant quelques clichés dont celui de Miss America 1880. S’il est certain que le contraste avec les canons actuels est total, le ton général s’impose avec fracas. Albert n’est pas en phase avec son époque. Certes il est amusant qu’un protagoniste tout droit sorti du 19ème s’adresse dans un vocable des plus contemporain mais très rapidement l’anachronisme (pourtant seul intérêt du film) devient un simple truc plus superficiel qu’artificiel.

« Boire ou chevaucher, il faut choisir »

Passons sur la construction aussi lamentable que bancale – et l’égocentrisme cinématographique dont témoigne Seth MacFarlane (l’homme idéal, rien que ça). Relevons à peine le caractère pipi-caca de l’ensemble alors que l’urine et les troubles gastriques sont les principales composantes de l’humour proposé – soulignons juste qu’il demeure intéressant que le film ne soit pas présenté en odorama. Synthétisons notre impression : ALBERT A L’OUEST, c’est HOT SHOTS sans le talent de Jim Abrahams – c’est dire !

Seth MacFarlane offre-t-il à Charlize Theron l’occasion de s’afficher dans une comédie potache qu’il signe un film où le rôle des femmes pose question. Certes le personnage défendu par l’actrice doublement oscarisée sort du lot mais le véritable anachronisme aurait été d’en permettre l’émancipation. Au lieu de quoi le réalisateur l’enferme dans un romantisme crétin qui est toutefois préférable au caractère platement vénal de l’ex-petite amie du protagoniste principal ou à celui risible de la prostituée qui, en bonne chrétienne, veut rester vierge jusqu’au mariage.

Les rôles masculins, plus encore caricaturaux, ne sont guère enviables, à l’exception bien sûr de celui d’Albert interprété sans flegme par Seth MacFarlane – dont l’humour est, résumons-nous, proprement lamentable.

Albert à l'Ouest - affiche

ALBERT A L’OUEST
A Million Ways to Die in the West

Réalisation : Seth MacFarlane
USA – 2014 – 116 min
Distribution : Sony
Comédie

Seth MacFarlane - Charlize Theron - Albert à l'ouest

Seth MacFarlane - Albert  l'ouest

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