A Week-End in Paris

On 04/03/2014 by Nicolas Gilson

Avec A WEEK-END IN PARIS, Roger Michell met en scène une comédie romantique aigre-douce au sein de laquelle un couple vieillissant fait face à lui-même. Servi par un superbe casting il propose un touchant portrait qui oscille entre une légèreté délectable et un bavardage excessif.

A Week-end In Paris

« It isn’t love. It’s like being arrested. »

Après des années de vie commune, Meg (Lindsay Duncan) et Nick (Jim Broadbent) se rendent en week-end à Paris. Toutefois leur virée nostalgique n’a rien d’idyllique, leur hôtel ayant perdu leur charme tout comme eux leur souffle. Entre folie et euphorie, somme toute capricieuse, Meg décide de loger dans un palace toutefois bien trop luxueux. Et le temps d’un week-end, au fil de ses déambulations, de situations rocambolesques et de rencontres (avec leur passé), le couple se met à nu.

Emplis de manies, Meg et Nick s’aiment et s’agacent tout autant, sans parvenir à se le dire ni à s’en apercevoir. La légèreté qui les amène à Paris s’accompagne d’habitudes irritantes pour l’un dont l’autre n’a garde. L’humour – fusse-t-il sarcastique – est une arme qu’ils pensent salvatrice. Cependant, à fuir toute réelle confrontation, le couple ne se ment-il pas ?

Derrière une apparente frivolité, A WEEK-END IN PARIS entremêle des tonalités comiques et plus dramatiques. La découverte de la prime complicité du couple conduit à celle de bien des silences et des incompréhensions au point de nous rendre curieux de la direction vers laquelle il avance. L’évolution narrative fait corps avec celle de la psychologie des protagonistes qui exultent jusqu’à l’incontournable confrontation. Celle-ci est amenée par un personnage secondaire que le hasard place sur leur route… Sans doute l’écriture se ressent-elle trop mais au-delà des élans amoureux et des révélations établies, celle-ci dépeint-elle avec soin les soucis anodins de l’âge avançant et ceux plus pernicieux auxquels peuvent conduire les exaspérations non formulées.

Roger Michell opte pour une mise en scène réaliste et fantasque qui, en écho à l’écriture qui s’avère bien palpable, manque par moment de cohérence. En optant pour une mobilité du cadre et un montage dynamique, il semble épouser l’énergie qui enivre ses protagonistes aussi lorsque celle-ci leur échappe est-il tout à la fois logique et éreintant que l’approche perde de sa légèreté. Mais si l’ensemble témoigne d’un rythme inégal, la qualité des dialogues s’impose comme succulente. Jim Broadbent et Lindsay Duncan offrent d’exquises interprétations, semblant à biens des moments sans âge et abordant sans complexes apparents et avec un flegme détonnant des sujets pour le moins délicats. Répondant à une approche tout à la fois sincère et artificielle, ils sautent sans accroc d’un registre à l’autre pour notre plus grand plaisir.

A week-end in Paris - affiche

A WEEK-END IN PARIS
Le Week-end
♥(♥)
Réalisation : Roger Michell
Royaume-Uni – 2014 – 93 min
Distribution : Cinéart
Drame

Le Week-end

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