A Somewhat Gentle Man

On 16/03/2011 by Nicolas Gilson

Ulrik sort de prison. Il nous fait face alors qu’il est confronté à la sensation trouble du retour à la normalité. Il est jeté hors du monde qui est devenu sien au bout de 12 ans d’incarcération. Il est perdu, largué. Rien n’est dit, tout se ressent. Et déjà le réalisateur met en place un ton décalé, proche de l’absurde. Au sein du cadre les éléments prennent sens. Ulrik est violemment jeté dans un monde dont il ne connait plus la logique. Il est sans repère. Comme nous. Et c’est bien délectable.

Cette frontalité anime le film de bout en bout. Nous sommes posés en spectateur à mesure que nous découvrons le parcours du protagoniste. Un protagoniste qui semble lui-même spectateur de ce qui lui arrive. Une passivité apparente dont la maîtrise est l’enjeu majeur du scénario.

L’humour est là de bout en bout : de l’écriture à la mise en scène, des menus détails aux situations (croustillantes, absconses voire burlesques), de la caractérisation des protagonistes aux renforts musicaux. Le réalisateur joue sur la répétition pour ancrer plus avant l’humour tout en marquant l’évolution voire l’acclimatation. Hans Petter Moland donne à son film un ton singulier, un rythme efficace et une dynamique savoureuse. La réalisation est habile, intelligente ; l’interprétation succulente.

EN GANSKE SNILL MANN
A SOMEWHAT GENTLE MAN
♥♥♥
Réalisation : Hans Petter Moland
Norvège – 2009 – 107 min
Distribution : Imagine
Comédie / Comédie dramatique
EA

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