A Royal Affair

On 17/09/2012 by Nicolas Gilson

Bienvenue dans la mise en scène d’une période historique qui a vu le Danemark être à l’avant-garde de l’application des philosophies des Lumières dans sa politique avant, par jeu de manipulations et de complot, de faire un lourd pas en arrière. Bienvenue dans la projection de ce récit sous le regard de la Reine Caroline Mathilda, qui fut l’épouse de Christian VII et la mère de l’héritier au trône du Danemark. Bienvenue devant un « costume drama » sirupeux et vaporeux dont l’enrobage musical et l’artificialité générale sont assassins.

Histoire d’amour – le film porte bien son titre – et récit historique se mélangent au sein d’une trame narrative faite de rebondissements qui fatigue d’emblée : après un bref prélude textuel, le récit est encadré en voix-over nous mêlant au point de vue de Caroline Mathilda qui écrit à ses enfants afin de leur livrer la vérité sur leur histoire, sur son histoire, bref, la vérité sur l’Histoire du Danemark. Le point de vue est assuré encore que la cohérence de la subjectivité de celui-ci ne semble pas intéresser les scénaristes. Qu’importe, derrière le classicisme narratif, la fresque s’impose comme riche à travers les vérités politiques et l’écho que celles-ci peuvent prendre aujourd’hui encore.

Mais A ROYAL AFFAIR pêche par accès d’artificialité. Le premier élément, le plus assommant, est l’enrobage musical à ce point incessant qu’il n’est pas même conditionnant. Certes son caractère dictatorial épouse ponctuellement les effets et les appuis voulus par le réalisateur – ah ces jolis ralentis chantant l’amour – mais la musique s’impose comme inutile tant elle est présente. Et quel soulagement les rares secondes où elle se tait !

Autre élément, la mise en scène au sein de laquelle de trop nombreux protagonistes semblent perdus et où les figurants figurent sans jamais se faire oublier. Une mise en scène à ce point palpable qu’elle en devient ridicule – la pire séquence restant la scène finale où le réalisateur exacerbe l’hypothèse même des Lumières – et qui flaire le pathos. La direction d’acteur ne sauvent rien ou très peu : Mad Mikkelsen est étrangement mauvais et semble perdu dans une autre dimension ; Alicia Vikander, qui ne subit à l’instar des autres protagonistes aucun effet des années qui s’écoulent, est fausse d’un bout à l’autre du film surjouant des scènes beaucoup trop écrites et donc peu sensibles. Seul Mikkel Boe Folsgaard tire son épingle du jeu en incarnant un incroyable Christian VII dont la justesse de la folie contraste avec la fausseté générale.

EN KONGELIG AFFAERE
A ROYAL AFFAIR

Réalisation : Nikolaj ARCEL
Danemark / Allemagne / République Tchèque / Suède – 2012 – 131 min
Distribution : ABC Distribution
Drame historique / Costume drama
Berlinale 2012 – Sélection Officielle en Compétition

Mise en ligne initiale le 17/02/2012

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