63 # Berlinale : Palmarès

On 16/02/2013 by Nicolas Gilson

Le Palmarès de la 63 ème Berlinale a été dévoilé ce samedi 16/02 lors de la Cérémonie de Clôture. En décernant l’Ours d’Or au film roumain CHILD’S POSE et épinglant également le travail de Danis Tanovic et de Jafar Panahi, le Jury, présidé par Wong Kar Wai, a joué la carte « politico-sociétale » chère à l’évènement berlinois.

Si parmi les 19 films en compétition il y eut de nombreuses déceptions, la Berlinale 2013 fut marquée par de très riches réalisations à l’instar de VIC+FLO ONT VU UN OURS de Denis Côté et du film kazakh HARMONY LESSONS de Emir Baigazin. Ce n’est donc pas pour rien qu’ils remportent respectivement l’Ours d’Argent pour le film ouvrant de nouvelles perspectives et le prix récompensant la meilleure participation technique pour la superbe photographie signée Aziz Zhambakiyev. Toutefois, ces deux films auraient du se disputer l’Ours d’Or et des prix d’interprétation (Pierrette Robitaille est sublime dans le film de Côté et le jeune Timur Aidarbekov est plus que troublant dans HARMONY LESSONS).

C’est néanmoins à juste titre que Paulina Garcia a été récompensée pour sa prestation dans GLORIA de Sebastian Lelio qui est le portrait pertinent d’une femme de 58 ans. Elle s’impose face à Juliette Binoche pourtant admirable dans le très maîtrisé CAMILLE CLAUDEL 1915 de Bruno Dumont, Catherine Deneuve dans le lumineux ELLE S’EN VA d’Emmanuelle Bercot où l’actrice est irradiante ou encore face à l’impressionnante Luminita Gheorghiu dans CHILD’S POSE de Calin Peter Netzer (le gentil Ours d’Or de cette édition).

En remettant le prix d’interprétation à Nazif Mugic, le jury a récompensé à double titre le travail de Danis Tanovic qui avec AN EPISODE IN THE LIFE OF AN IRON PICKER (par ailleurs Grand Prix du Jury) met en scène sous forme de chronique un épisode de la vie d’un homme démuni face au système qui interprète son propre rôle. Si Nazif Mugic est convainquant, la prouesse vient surtout du réalisateur qui parvient à saisir l’intimité de ses protagonistes en mêlant une approche documentaire à une dynamique fictionnelle dont la mise en scène se ressent ponctuellement paradoxalement très fort.

En tout état de cause, les rôles masculins convainquant étaient souvent bien secondaires à l’instar du docteur interprété par Joseph Lorenz dans le savoureux PARADIES HOFFNUNG (Paradis Espoir) d’Ulrich Seidl. Seuls Andrzej Chyra dans le sublime W IMIE (In the Name Of) de Malgoska Szumowska et Timur Aidarbekov dans HARMONY LESSONS se sont ainsi révélés captivants en interprétant de riches personnages. Dans un registre plus banal, Alexander Yatsenko s’est montré très convaincant dans A LONG AND HAPPY LIFE de Boris Khebnikov.

En primant PARDE de Jafar Panahi et Kamboziya Partovi (meilleur scénario), le jury loue la liberté d’expression au même titre que la sélection-même du film à la Berlinale. Le film poético-politique du réalisateur pourtant interdit de faire du cinéma et assigné à résidence présente en effet un scénario passionnant où les nombreuses mises en abyme transcendent sa situation et sublime, malgré le caractère bricolé de la réalisation, l’hypothèse cinématographique.

Les nombreuses déceptions vinrent principalement d’Allemagne (avec l’éprouvant GOLD de Thomas Arslan et le superficiel LAYLA FOURIE de Pia Marais) et des USA. A part garantir de jolis tapis rouges, la sélection des films américains en compétition laisse proprement dubitatif : Gus Van Sant témoigne avec PROMISED LAND d’un classicisme effrayant ; Steven Soderbergh semble platement s’amuser en mettant en scène SIDE EFFECTS et en cherchant à exciter l’attention des spectateurs ; THE NECESSARY DEATH OF CHARLIE COUNTRYMAN de Fredrik Bond, franchement pénible, pourrait se résumer en un mot « unnecessary » ; PRINCE AVALANCHE de David Gordon Green, pourtant couronné du prix de meilleur réalisateur, donne simplement envie de découvrir le livre dont il est adapté.

Si W IMIE de Malgoska Szumowska n’a pas convaincu le jury officiel, il a séduit celui des Teddy qui lui ont décerné le prix du meilleur film de fiction queer. Le très touchant BAMBI de Sébastien Lifshitz a pour sa part reçu le Teddy du meilleur documentaire.

A noter que THE BROKEN CIRCLE BREAKDOWN de Félix Van Goreningen a reçu le prix du public pour la meilleure fiction de la section Panorama ainsi que le Label Europa Cinemas (remis à un film présenté hors compétition au Panorama).

Palmarès de la Compétition Officielle :

OURS D’OR du meilleur film : CHILD’S POSE de Călin Peter Netzer
GRAND PRIX du JURY : AN EPISODE OF IN THE LIFE OF AN IRON PICKER de Danis Tanović
PRIX ALFRED BAUER : VIC+FLO ONT VU UN OURS de Denis Côté
MEILLEUR REALISATEUR : David Gordon Green pour PRINCE AVALANCHE
MEILLEURE ACTRICE : Paulina García dans GLORIA de Sebastián Lelio
MEILLEUR ACTEUR : Nazif Mujić dans AN EPISODE OF IN THE LIFE OF AN IRON PICKER de Danis Tanović
MEILLEUR SCENARIO : Jafar Panahi pour PARDE de Jafar Panahi et Kamboziya Partovi
PRIX DE LA MEILLEUR CONTRIBUTION ARTISTIQUE (photographie, montage, musique, costumes ou décors) : Aziz Zhambakiyev pour la photographie de HARMONY LESSONS d’Emir Baigazin
MENTION SPECIALE : PROMISED LAND de Gus Van Sant
MENTION SPECIALE : LAYLA FOURIE de Pia Marais

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