5 Questions à Vincent Pérez

On 08/06/2011 by Nicolas Gilson

Vincent Pérez est venu à Bruxelles pour présenter le film de son épouse, Karine Silla. Il met en place, d’emblée, une proximité perturbante. Il s’assoit sur un bord de table, ôte ses ray ban qu’il glisse au col de son t-shirt et adopte une « cool » attitude. Il est détendu, professionnel : les mots lui viennent avec aisance. Toutefois, la rencontre ne durera que 4’05″, le temps d’attiser notre curiosité. C’est bref – ce qui lui fera d’ailleurs dire : « Ce fut court, mais c’était bon ! » – mais suffisant.

Avez-vous été impliqué dans le projet de UN BAISER PAPILLON dès son écriture ?

Avant même l’écriture j’imagine. Karine s’est mise à écrire ce scénario parce qu’elle avait besoin de le faire, elle avait besoin de sortir ces histoires d’elle. Je ne sais pas si c’est sous forme de catharsis… En tout cas elle est partie sur ce scénario, je pense qu’il y avait pas mal d’envie d’aller dans les mêmes quartiers que COLLISION – que CRASH (Paul Haggis, 2004) – ou alors les films d’Iñarritu. C’est un film qu’elle a fait elle-même. Moi j’étais son allié, la personne qui avec ses moyens l’a accompagnée là où je pouvais. Elle est le metteur en scène du film, elle est obligée de porter ce film et il n’y a qu’une personne qui peut le faire, c’est elle. On ne peut pas remplacer le travail du metteur en scène.

Vous n’avez pas été « casté » ?

Non elle m’a proposé ce rôle-là. Elle l’a écrit en pensant à moi et la question ne se posait même pas. Je jouais avec mes filles. C’est un rôle qui m’a tout de suite touché. Je l’ai tout de suite lu comme un rôle qu’elle me proposait et je n’ai jamais remis cela en question. Et c’est un rôle qui me parlait beaucoup puisque c’est un rôle qui est fait de beaucoup de choses de moi jusqu’à ce que l’on apprend à la fin sur l’identité du père. En fait c’est quelque chose qui appartient à ma famille. Je suis directement touché par cette histoire-là. C’est une histoire qui me parle. Au milieu de toutes ces autres histoires, c’est une histoire que je voulais raconter.

Et jouez avec vos filles ?

C’était un challenge. Rester dans la vérité c’était pas compliqué car il suffisait d’écouter et de jouer le jeu à fond. Et mes filles l’ont fait de manière absolument remarquable. J’avais l’impression de travailler avec des acteurs très impliqués, qui donnaient tout. Imane a toujours été impliquée depuis l’écriture du film jusqu’à la fin. Roxane, elle, la grande, fait les choses à sa manière. Elle est pas du tout dans la méthode. Elle est plutôt dans sa manière à elle de rentrer dans les situations. Elle le fait comme personne d’autre le fait mais finalement elle le fait et elle va jusqu’au bout du truc. A partir du moment où elle a dit oui au rôle, elle s’est impliquée à sa manière à elle.

Roxane a été plus réticente à l’idée de jouer dans le film ?

C’est pareil à l’école, ça a toujours été comme ça. Même les cours de piano : elle a d’abord travaillé pendant des années à son oreille. Elle faisait croire à son prof qu’elle lisait. En fait elle faisait semblant de lire alors qu’elle faisait tout à l’oreille. Elle a une oreille incroyable… C’est un peu pareil ce film : elle l’a fait « comme ça ». Mais en même temps quand elle fait du piano ou quand elle joue, elle est tellement à fond que c’en est impressionnant.

Et avoir votre femme en tant que metteur en scène ?

C’est très agréable. Parce que ça me pousse. Ça me stimulait énormément. J’avais envie de donner tout : mon âme, mon corps. J’étais à fond. J’étais juste là pour lui donner le maximum.

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