2012 en 12 films

On 07/12/2012 by Nicolas Gilson

Au fil des mois, à côté des films déjà présentés en festivals et/ou attendus les réalisations se sont dévoilées peu à peu. Déception, révolte, fatigue et ennui se sont quelques fois imposés face aux innombrables productions qui saturent souvent nos écrans. Si résumer l’année 2012 en une trentaine de films est chose aisée, limiter la sélection à une dizaine l’est beaucoup moins.

La diversité du cinéma n’est pas une exception belge. Marc fitoussi réussit une comédie stylisée avec PAULINE DETECTIVE, Susanne Bier offre une superbe comédie romantique avec LOVE IS ALL YOU NEED, Sébastien Lifshitz signe un documentaire sublime avec LES INVISIBLES, ERNEST ET CELESTINE s’impose comme le film d’animation (pour petits et grands) de l’année et Wiliam Friedkin marque son grand retour avec le détonnant KILLER JOE.

Car en 2012 si les coups de gueule furent nombreux, les coups de coeur furent intenses. Du HAVRE à MAIN DANS LA MAIN, l’année en fut ponctuée. Citons ainsi en vrac PLAY, PORFIRIO, LAURENCE ANYWAYS, REALITY, TELE GAUCHO, VOUS N’AVEZ ENCORE RIEN VU, 38 TEMOINS, ou encore OSLO, AUGUST 31st.

Et puisqu’une série de films sont hors concours (puisqu’ils n’ont pas encore été ou ne seront pas distribué en Belgique), arrêtons-nous à 12 films :

01 SHAME de Steve McQueen

Steve McQueen est un virtuose : écriture, mise en scène, photographie, interprétation, musique ou encore montage – car rien n’est laissé au hasard – sont autant d’éléments qui se répondent et se complètent afin de composer une œuvre rare, intense et captivante.

02 AMOUR de Michael Haneke

De ces cinq lettres, il n’y a rien à dire. Michael Haneke compose avec les sensations. Le film transcende l’émotion et les sentiments au-delà de la situation, à la fois singulière et universelle, qu’il décrit avec sobriété et sensibilité.

03 HOLY MOTORS de Leos Carax

Carax nous porte aux frontières de l’émotion, nous confronte à l’artifice, nous sidère de réalisme, témoigne d’ironie… bref, il nous emmène en voyage. Une sublime expérience !

04 CESARE DEVE MORIRE de Paolo et Vittorio Taviani

Avec CESARE DEVE MORIRE les frères Taviani mettent en scène un film extraordinaire, étrange – de par sa nature même – et pertinent qui met brillamment en question les notions d’humanité et d’universalité. Les réalisateurs parviennent à nous émouvoir en employant, de manière intelligente, les codes du langage cinématographique et en unifiant la fiction et la réalité.

05 WEEKEND de Andrew Haigh

Les enjeux soulevés dans le film sont nombreux. WEEKEND est tout à la fois un film sur les relations, l’être, l’amour et la société. Andrew Haigh y aborde de manière singulière les thèmes de la famille et du coming-out au point de rendre les questions qu’il met en place pertinentes au regard de tous.

06 ELENA d’Andreï Zviaguintsev

ELENA est un film déroutant, brillamment écrit et réalisé avec maîtrise. Le film glace le sang à travers la mise en scène d’un récit apparemment banal révélateur d’une société gangrénée. Splendide.

07 MOONRISE KINGDOM de Wes Anderson

Avec MOONRISE KINGDOM, Wes Anderson témoigne une nouvelle fois de son génie créatif. A la fois fin conteur et magistral metteur en scène, il nous emporte au coeur d’une aventure drôle et humaine. Fort de ses acquis, il signe un film, d’une parfaite maîtrise esthétique, ludique et chaleureux qui, au-delà du ton et de l’humour, fait sens.

08 SKOONHEID de Olivier Hermanus

SKOONHEID met en scènes les portraits croisés d’un homme et de la société sud-africaine dans laquelle il vit. Les enjeux soulevés sont nombreux. S’ils traitent indéniablement des questions de l’identité et de la sexualité, ils mettent aussi en scène les codes sociaux et les normes sociétales ou encore le conflit intergénérationel au regard de l’évolution de la société. Fort et destabilisant.

09 JAGTEN de Thomas Vinterberg

Sous un angle pertinent, Thomas Vinterberg aborde à nouveau les thématiques de l’abus sexuel et des rapports humains. JAGTEN est un film fascinant qui capte complètement notre attention, nous glace l’échine et nous révolte tout à la fois.

10 ELLES de Malgoska Szumowska

Sans jugement et avec perspicacité, Malgoska Szumowska s’intéresse à un sujet de société interpelant : la prostitution estudiantine. Sur base d’un scénario éclatant et raffiné elle appréhende un sujet épineux et pluriel sous l’angle du regard d’une femme, une journaliste féministe – ou qui l’a été. Brillant.

11 DANS LA MAISON de François Ozon

François Ozon signe avec DANS LA MAISON un suspens captivant dont l’enjeu est la narration-même ! Le réalisateur signe une scénario admirable qu’il met en scène avec intelligence et espièglerie.

12 A PERDRE LA RAISON de Joachim Lafosse

Joachim Lafosse esquisse le portrait troublant d’une étrange relation triangulaire au sein de laquelle une jeune femme se perd. Au coeur d’une mise en scène réaliste, il dirige des acteurs incroyables. Notamment Emilie Dequenne qui est sensationelle au sens propre du terme.

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