20 ans d’écart

On 23/02/2013 by Nicolas Gilson

Comédie aux accents romantiques, 20 ANS D’ECART se laisse regarder sans vraiment séduire. Malgré un sympathique casting le film souffre de n’être que la mise en scène d’une succession de clichés avec lesquels le scénariste et le réalisateur (par ailleurs co-scénariste) ne prennent même pas la peine de jouer.

A son retour du Brésil, Alice Lantins qui pensait succéder à son responsable à la tête de la publication à laquelle elle se consacre entièrement découvre qu’on lui préfère une jeunette pleine de fougue. Un jeu de hasard laisse à penser qu’elle a une aventure avec Balthazar, un jeune homme à peine majeur, ce qui excite son boss et pourrait la remettre dans la course pour le poste tant convoité. Alice décide donc de sortir Balthazar et de feindre une idylle. Mais l’amour n’a-t-il pas ses raisons que la raison n’a pas…

L’ouverture du film est tonique et laisse présager une succession de charmants artifices. La mise en place d’un univers superficiel s’impose avec un générique construit comme une série de unes d’un magazine de mode flashy (« Rebelle ») parfait compromis graphique entre de nombreux titres existant. L’enchainement se fait avec fluidité et permet de découvrir la protagonistes principale du film dont la maniaquerie professionnelle s’impose d’emblée à gros traits.

D’entrée de jeu, David Moreau se moque de son personnage qu’il rend gentiment loufoque et âprement caricatural. L’ensemble du film se construit sur cette même logique : les séquences s’enchainant comme autant de sketches au sein desquels les protagonistes sont le moteur de moult farces. Des rôles principaux aux rôles secondaires, tous apparaissent être autant de clichés qui se modulent d’une scène à l’autre afin de créer une série de comiques de situation. Les scénaristes mettent en place une série d’éléments qu’ils n’exploitent pas ou très peu ensuite au-delà de cette situation, l’ensemble manquant alors de cohérence.

La qualité d’interprétation de Pierre Niney, la sympathique participation de Charles Berling ou la prestance de Virginie Effira (oui, oui) n’y changent rien. Si les personnages apparaissent sympathiques, simples ingrédients d’une comédie sans volume, ils n’existent purement et simplement pas.

La réalisation, bien qu’efficace, ne convainc guère. Le film apparaît mécaniquement découpé sans tendre à la moindre singularité. Nombreux sont les flairs au point de fatiguer la rétine sans que cela ne soit pertinent (ni même sans doute voulu, hormis quelques flashs…). La musique est le plus souvent atmosphérique ou tend à l’être sans la moindre logique en mettant en place une sorte de suspens burlesque jamais développé narrativement – de l’enrobage en somme. David Moreau recourt également à une séquence où il place sa protagoniste face à un miroir tandis que l’objet de sa réflexion s’impose en voix-over… La mise en scène est simplement dépourvue de personnalité. Bref, un navet parmi tant d’autres.

20 ANS D’ECART
•/♥
Réalisation : David Moreau
France – 2013 – 103 min
Distribution : Victory Production
Comédie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>