2 automes, 3 hivers

On 07/05/2014 by Nicolas Gilson

2 AUTOMNES, 3 HIVERS séduit d’emblée par son énergie et la singulière tonalité que lui confère Sébastien Betbeder. Portraits croisés de jeune trentenaire d’aujourd’hui qui se racontent tantôt en voix-over, tantôt en face caméra, le film aurait pu agacer et s’enliser dans un systématisme pompeux. Il n’en est rien. Que du contraire.

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« Heureusement j’avais passé l’aspirateur »

Narrateurs de leur leur propre vie, Arman (Vincent Macaigne), Amélie (Maud Wyler) et Benjamin (Bastien Bouillon) nous livrent leurs réflexions, leurs doutes et leurs impressions en évoquant les rencontres et les événements qui, le temps de deux automnes et de trois hivers, ont bouleversé leur existence.

Ceux-ci auraient pu constituer un scénario classique et conduire à la mise en scène plus ou moins réaliste de tranches de vies. Toutefois Sébastien Betbeder opte pour le pari osé de construire la quasi entièreté de son film à travers l’évocation. Graduellement et avec acuité il conduit le spectateur à partager l’émoi de ses protagonistes qui reviennent sur une période récente de leur vie avec pour point de départ le choc amoureux ressenti par Arman pour Amélie.

Toutefois ponctuée de séquences « fictionnelles », l’évocation (multiple) est chapitrée avec plus et moins de logique, en deux parties et un épilogue ponctués de nombreux intertitres tantôt évocateurs, tantôt amusants. Les récits se répondent, se complètent tandis que les protagonistes se révèlent peu à peu et semblent se mettre à nu – malgré une distanciation induite par l’artificialité des séquences en face caméra.

La sincérité que se dégage de la démarche et de l’interprétation est telle que nous devenons les confidents des différents protagonistes. Le casting (à l’instar mais pas que de Vincent Macaigne, Maud Wyler et Bastien Bouillon) est superbe et devient le garant de la réussite du projet. Au-delà – et au fil tant de la narration que de la réalisation – Sébastien Bertbeder tend à mettre en perspective le médium cinématographique : les citations sont nombreuses et diverses tandis qu’en mélangeant captations en numérique et en 16 mm, il instaure un réel dialogue « générationnel ».

Outre le travail sur l’image, tant la dynamique du montage et que l’emploi de la musique donnent au film une pleine vitalité. Mais son orginalité trouve plus encore sa force dans la coloration que le réalisateur lui confère : truffé d’humour, il n’en est pas moins empli de tendresse.

2 automnes, 3 hivers

2 AUTOMES, 3 HIVERS
♥♥(♥)
Réalisation : Sébastien Betbeder
France / Suisse – 2013 – 91 min
Distribution :
Comédie dramatique

Cannes 2013 – L’aCid
FIFF 2013 – Compétition Officielle


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