15# Filmer à Tout Prix

On 01/11/2013 by Nicolas Gilson

Du 4 ou 17/11, la biennale Filmer à tout prix vous propose de découvrir plus de 100 films documentaires qui « posent – et nous posent – des questions pertinentes sur la société ». Comme de coutume l’objectif du festival organisé depuis 1998 par le Gsara est non seulement de montrer les films mais aussi de débattre des sujets abordés. D’abord concentré à Flagey, l’événement prendra ses quartiers à la Cinematek avant de se clôturer à Bozar. En plus des nombreuses projections, des rencontres, workshops, performances et (ciné)concerts sont également au programme.

L’axe de programmation

Comme de coutume deux compétitions prennent place, l’une nationale et l’autre internationale consacrée aux premiers films. La première permet de découvrir la dynamique créative de la cinématographie belge où en documentaire la « diversité » est également de mise. Si le festival, qui propose aussi bien du court, du moyen que du long-métrage, s’intéresse au contenu des films, il est également l’occasion de mettre en question leur forme. La frontière s’avère quelques fois ténue entre la fiction et le documentaire à travers des approches qui flirtent avec la performance à l’instar de KARAOKE DOMESTIQUE d’Inès Rabadan ou qui utilisent l’animation tel LES MAINS NUES de Denis Dewind. Les quelques 18 films qui composent la compétition belges témoignent de l’ouverture à laquelle ces créations tendent en sortant de nos frontières territoriales, du quotidien d’un jeune Ougandais expatrié au Cercle polaire (ADRIFT de Frederik Jan Depickere) à celui d’une famille vivant dans un village de l’Ouest africain (ANIMA de Simon Gillard) ; de la photographie de l’île volcan d’Ometepe (COCHIHZA de Khristine Gillard) au tragique destin d’une famille qui vit du charbon en Amazonie (SOBRE LAS BRASAS de Bénédicte Liénard et Mary Jimenez) ; de la découvertes de la vie sexuelle et amoureuse d’handicapés (LES MAINS NUES de Denis Dewind) à celle de la radicale simplicité d’un voyage à travers le monde, caméra à la main (ROND EST LE MONDE d’Olivier Dekegel).

ICI RIEN VF EXP FINAL

Du côté de la compétition internationale, c’est à nouveau l’impression de diversité qui domine avec des sujets captivant tels la réalité du quotidien de deux jeunes roumaines dans une maison de passe à Genève (ENTRE LES PASSES de Myriam Rachmuth), celle d’un camp de régime pour adolescent en Pologne (OBOZ de Tomasz Jeziorski), le singulier récit d’une activiste antifasciste devenue ensuite néonazie (THE BETRAYAL de Karen Winther) ou encore la captation « impressionniste » de la crise grecque par Daphné Hérétakis dans ICI RIEN dont le titre fait froid dans le dos.

L’ensemble de la sélection conduit les programmateurs à en isoler les grandes lignes thématiques à l’instar du « témoignage de plusieurs formes d’extrême droite, ou de solutions politiques insolites ancrées à droite », de la notion d’enfermement, des mouvements sociaux aux questions de révolution, ou encore les thématiques récurrentes de l’exil, du déracinement et de la quête identitaire. « Bref, des propositions éclatées mais pertinentes de questionnement du réel et de son sens. »

En outre le festival propose également divers focus. Parmi ceux-ci, un hommage au documentariste polonais Bodgan Dziworski pour qui « le réel est toujours porteur de mystère », une masterclass donnée par le réalisateur américain Ross McElwee et la présentation de quatre de ses films (en partenariat avec le P’tit Ciné), et l’approche en une trentaine de films de la thématique des « Roms » sous le titre « Expériences singulières de cinéma documentaire ».

Les rencontres et autres animations

Le festival propose des rencontres dédiées tant aux professionnels qu’au large public. Il s’agira tout aussi bien de penser les outils offerts aux documentaristes que de permettre aux spectateurs de questionner à l’issue des projections les réalisateurs venus présenter leur films.

Outre de nombreux événements musicaux et deux performances (« Le pouvoir d’oublier, ou, pour m’exprimer en savante, la faculté de sentir » d’Annabelle Milon et « Astéroïde » de Valérie Cordy), quatre ciné-concerts mettront en perspectives la perméabilité des frontières entre les modes d’expressions créatives.

fatp2013

Programmation complète et renseignements pratiques : www.fatp.be

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>